Le crowdlending, ou prêt participatif, a séduit de nombreux investisseurs particuliers en quête de rendement et de diversification. Parmi les plateformes françaises marquantes de ce secteur figurait Bolden, lancée en 2015. Innovante et dirigée par des experts financiers, Bolden connectait directement les investisseurs à des PME françaises en recherche de financement. Aujourd’hui, Bolden n’existe plus : la plateforme a fermé ses portes fin 2022, après un rachat par la fintech bancaire RiverBank en 2020. Que retenir de Bolden ? Quels étaient son modèle économique, son parcours, et pourquoi a-t-elle cessé son activité ? Enfin, quelles alternatives s’offrent aux anciens utilisateurs souhaitant continuer à investir via le financement participatif ? Dans cet article, nous faisons le point sur Bolden – de ses débuts prometteurs à sa fermeture – et sur ce que cela implique pour la communauté des investisseurs.
Aperçu de Bolden : infos clés sur la plateforme
Fondée en 2014 par Tristan Grué, Bolden était une plateforme française de financement participatif dédiée aux TPE/PME. Son modèle permettait à des particuliers (et investisseurs institutionnels) de prêter directement aux petites entreprises en échange d’intérêts. Bolden se présentait comme une alternative aux banques, offrant des crédits rapides et flexibles grâce à une forte dimension technologique pour analyser les dossiers plus vite.
Régulation : Bolden était enregistrée en France en tant qu’intermédiaire de financement participatif, avec un mandat de distributeur de monnaie électronique sous le contrôle de l’ACPR. Elle utilisait le mécanisme légal du « bon de caisse » pour les prêts, ce qui permettait aux prêteurs d’investir sans limite de montant par projet, contrairement au plafond initialement prévu par la loi. Cette astuce réglementaire a permis à Bolden de proposer un montant minimum par prêt très bas (20 €) tout en acceptant des engagements bien plus élevés de la part des prêteurs fortunés.
Types de prêts proposés : Bolden finançait principalement des prêts amortissables aux petites entreprises pour leurs besoins de trésorerie ou de développement. Les projets financés affichaient des montants compris entre 20 000 € et 200 000 €, sur des durées allant de 12 à 48 mois. Les taux d’intérêt étaient fixés par Bolden en fonction du profil de risque, généralement entre 4 % et 12 %. Côté emprunteur, Bolden facturait des frais de dossier de 4 % à 6 %. Côté prêteur, aucun frais direct n’était prélevé : la plateforme se rémunérait via une retenue annuelle d’environ 1 % sur les intérêts versés. Un particulier pouvait ainsi prêter dès 20 € par projet, sans plafond légal grâce aux bons de caisse.
Sélection des projets et profil de risque : Bolden se voulait très sélective dans le choix des entreprises présentées aux investisseurs. Elle exigeait des sociétés avec au moins trois exercices comptables clôturés et un chiffre d’affaires supérieur à 100 000 €. L’équipe menait une analyse financière poussée et utilisait des outils de scoring externes pour évaluer le risque. Grâce à cette approche prudente, Bolden affichait des taux de défaut initialement très bas.
Volume financé et communauté : Bolden a permis le financement d’environ 167 projets pour un montant global de 17,5 millions d’euros. La taille moyenne des projets est passée d’environ 30 000 € à ses débuts à près de 90 000 € sur les dernières opérations. La plateforme comptait environ 1 700 prêteurs au total, majoritairement des investisseurs expérimentés et fortunés, correspondant au profil CSP+ masculin de 40-50 ans.
Historique de Bolden : du lancement prometteur à l’intégration dans RiverBank
Lancement et premières années (2015-2016)
Bolden a officiellement démarré son activité en avril 2015. Tristan Grué, son fondateur, rentrait de Londres où il avait travaillé dans la finance de marché et s’était inspiré du succès du crowdlending britannique. Dès le départ, Bolden propose un système d’investissement automatique à travers des « packs financeurs », permettant aux investisseurs de répartir facilement leur capital sur plusieurs prêts selon des critères prédéfinis.
Les premières années, la plateforme reste modeste en volumes, mais se distingue par sa sélectivité et son interface soignée.
Croissance et pivots (2017-2019)
En 2017, Bolden réalise une levée de fonds importante pour accélérer sa croissance. L’objectif est ambitieux, mais l’activité reste limitée en nombre de projets financés.
En 2018, Bolden opère un pivot stratégique vers des prêts plus importants, souvent en leasing, ce qui fait bondir les montants collectés. Cette stratégie lui permet de se hisser parmi les premières plateformes françaises en volume.
En 2019, les volumes diminuent à nouveau et Bolden prépare un changement de cap majeur.
Rachat par RiverBank et fin du crowdlending (2020-2022)
En octobre 2020, Bolden est rachetée par RiverBank, une banque en ligne luxembourgeoise spécialisée dans le financement des PME et de l’immobilier. Le modèle évolue alors vers des prêts de plus grande envergure financés par des investisseurs institutionnels.
Ce changement signifie l’arrêt du financement participatif grand public. Les derniers prêts en cours continuent d’être gérés jusqu’à leur terme, mais plus aucun nouveau projet n’est proposé.
En décembre 2022, Bolden ferme définitivement son site aux particuliers.
Pourquoi Bolden a fermé ?
Plusieurs raisons expliquent la fermeture de Bolden :
-
Rachat stratégique par RiverBank : priorité donnée aux prêts de plus grande taille financés institutionnellement.
-
Montée en gamme des montants : besoin de capital plus important, incompatible avec la collecte auprès des particuliers.
-
Taille critique et rentabilité : volumes trop modestes pour rester compétitif sur un marché en consolidation.
-
Concentration du marché : les acteurs de taille moyenne ont souvent choisi soit la spécialisation, soit l’intégration à un groupe plus grand.
Quelles alternatives pour les anciens utilisateurs de Bolden ?
- Credit.fr : plateforme française spécialisée dans les prêts court terme.
-
PretUp : prêts aux TPE/PME locales avec ticket d’entrée à 20 €.
-
WeShareBonds : position premium avec co-investissement systématique.
-
Lendosphere : leader du financement participatif dans les énergies renouvelables.
-
Crowdfunding immobilier : plateformes comme ClubFunding, Fundimmo, Homunity ou Raizers.
-
Plateformes européennes : Mintos, Bondora, PeerBerry ou EstateGuru pour diversifier en Europe.
Conclusion
La fermeture de Bolden marque la fin d’une aventure française de crowdlending, mais elle illustre aussi la maturité croissante du secteur. Le financement participatif reste bien vivant, avec de nombreuses alternatives pour les investisseurs avertis. L’important est de choisir sa plateforme en fonction de ses objectifs, de diversifier et de rester attentif aux évolutions du marché.
